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Le restaurant le plus original de France en 1949 où le chef faisait des spectacles avec des coqs

Sam Letrone avec ses coqs en cuisine
Publié:

Avez-vous déjà entendu parler du Coq Hardi situé à Monnaie ? Si ce n’est pas le cas, tenez vous bien, vous allez halluciner.

Date 1949
Sujet Restaurant insolite
Type Magazine
Lieu Monnaie, Indre et Loire
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Ces revues d'archives sont normalement accessibles uniquement aux abonnés payants du musée. Je vous propose exceptionnellement de la lire en intégralité pour vous faire un avis sur ce qui se cache derrière les archives du musée.

Sam Letrone s’est installé à Monnaie (il fallait l’inventer celle là aussi !) en Indre et Loire à quelques kilomètres de Tours pour ouvrir son restaurant “Le Coq Hardi”. Au delà de sa très bonne cuisine où vous auriez pu déguster du pâté en croûte ou encore des quenelles, le restaurant s’est démarqué par un drôle de numéro.

📄 Fiche d'identification
Publication La France à Table
Numéro n° 20 — Octobre 1949
Auteur Gaston Sainsot
Rubrique La Touraine
Page p. 22
Conservation BNF - Gallica

Une fois le repas terminé, le chef jouait toute sorte d’instrument avec talent, du violon au banjo ou encore aux castagnettes mais également des instruments inventés par ses soins comme la vessie du Triboulet ou la lessiveuse sirène.

Mais attention, ce n’est pas tout ! Le clou du spectacle est le show avec des coqs dressés qui font des sauts à travers des cercles, des mathématiques ou des chants. Vous vous direz certainement comme moi quand j’ai lu cet article pour la première fois que ça n’a absolument aucun sens. En effet, c’est le cas mais c’est surtout réel. J’ai trouvé une vidéo où vous pourrez admirer vous même les talents de Sam Letrone. D’ailleurs, je me suis demandée si les inspecteurs de l’hygiène valideraient ce genre de prestations dans un restaurant de nos jours !

Pourquoi cet article dans les archives ?

Ce qui est fascinant dans cet article, c'est le fait que Gaston Sainsot le raconte comme si tout était normal. En effet, à l'époque, les chroniqueurs avaient pour habitude d'évoquer les excentricités gastronomiques comme de simples curiosités. Pourtant, je peux vous assurer que si je voyais ce spectacle en vrai, je n'en croirais pas mes yeux.

J'ai choisi de vous partager ce bout d'histoire car je pense que je n'assisterai malheureusement jamais à un tel spectacle et encore moins dans un restaurant. Aujourd'hui, il me semble que lorsqu'on parle d'originalité dans un établissement, on parle surtout de son concept ou de son ambiance mais j'ai l'impression que Sam Letrone a atteint un niveau qui sera difficile à égaler.

Transcription fidèle La France à Table · Octobre 1949 · Gaston Sainsot
Unique en France
Le Coq Hardi à Monnaie (Indre et Loire)

N'est pas original qui veut : il y faut beaucoup d'intelligence et de goût, d'imagination et d'esprit.

Or, la Nature a été particulièrement généreuse avec M. Sam Letrone, Havrais d'origine et qui, après avoir bourlingué à travers les grandes cuisines d'Europe, s'est fixé à Monnaie (Indre-et-Loire) où il dirige, avec tous ses talents qui ne sont pas minces, son fameux restaurant « Le Coq Hardi ».

Ainsi donc, automobilistes en mal de vitesse, levez le pied au lieu d'appuyer sur l'accélérateur, quand vous aborderez les dernières lignes droites avant Tours et arrêtez-vous avec confiance à Monnaie, chez Sam.

D'abord et surtout, vous y ferez un excellent repas. Pensez notamment à son pâté en croûte, ses quenelles, son Coq…, arrosés, bien entendu, avec un Vouvray et un Bourgueil des meilleures années.

Vous aurez été d'abord accueilli par le dynamique patron et son agréable épouse, aimable maîtresse de maison. Et tout en dégustant des plats remarquables, vous assisterez à un numéro de music-hall car, les fourneaux abandonnés, le patron, artiste éclectique, vous étonnera par ses talents multiples.

Musicien, il jouera successivement et avec brio, violon, guitare, banjo, scie musicale (son instrument de prédilection), castagnettes, etc, etc… sans oublier des instruments très personnels et de haute fantaisie : la vessie du Triboulet, la lessiveuse sirène, la boîte à cigares mélodieuse, etc.

Mais pour éviter la monotonie — si elle peut exister en ce lieu — Sam nous exhibera encore ses coqs savants et dressés. Toute une petite basse-cour défilera : les Homère, Antoine, Julien, Juliette, etc… Hélas, la grande étoile Jules est décédée il y a quelques mois.

Vous assisterez alors à un numéro de dressage, étonnant de précision : saut à travers des cercles, équilibre, chants, le tout au commandement de Sam qui sait se faire obéir.

Sam vient à Paris, mais c'est chez lui qu'il faut le voir, dans le cadre de son sympathique restaurant, dans sa salle à manger où vous ferez, je le répète, un repas de qualité.

Le mot de la fin

Je ne sais pas si vous connaissiez ce restaurant et ce chef mais j'avoue avoir été épatée. Je vous invite vivement à regarder la vidéo juste après qui dure quelques minutes et je vous laisse imaginer que le chef vous fasse un show comme ça la prochaine fois que vous irez au restaurant !

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Sources primaires et références vérifiées

Sous la direction de Curnonsky, La France à Table, vol. n.20, octobre 1949

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